Séminaire national, 15 Octobre 2016 : programme

Le séminaire national des Fabriques de sociologie se tiendra le 15 octobre 2016 à partir de 9h à l’université Paris 8 Saint-Denis, salle C022 (Plan d’accès à Paris 8).

Propos introductif : penser la précarité

Lors du temps de clôture du séminaire résidentiel, nous explorons ensemble ce qui pourrait être la suite de nos travaux et l’objet de notre prochaine rencontre. Plusieurs propositions sont faites, notamment une autour de la précarité.  Rapidement, cette proposition se précise : parler de la précarité, oui, mais pas que de la misère. Il faut aussi parler des autres précarités, les nôtres et de tout ce que les précaires savent faire pour composer.
Quand l’un de nous nous dit qu’il est aux prises avec les attentes de sa famille qui lui demande quand « tout ça (la thèse) aboutira ? » (Traduire : quand l’investissement consenti par la famille sera récompensé par un statut et le salaire qui va avec ?), cela résonne : « La question de la précarité est à prendre au sérieux », « Ca peut aussi être un choix pour ne pas se soumettre », « le fait d’être dans une institution n’affranchit pas de formes de précarité ». Nous évoquons plusieurs intervenants possibles : Citton et Cingolani. Bref….
Plusieurs mails (entre les personnes s’étant proposée pour organiser la journée) plus tard, un consensus semble se faire sur cette question de la précarité. Il reste à la problématiser et à imaginer la forme de la rencontre.

Essai de problématisation

Nous sommes dans le cadre des fabriques de sociologie : dans un espace de co-construction, un atelier où se forge en situation le pouvoir de penser et d’agir. Nous sommes la matière première et la production. Ca donne un angle.
La précarité, c’est la notre en général, si on fait l’hypothèse que c’est l’essence même de la vie que d’être précaire (la vie est mouvement, inattendue) et du coup la question c’est comment en tant que personne, faire notre boulot d’humain et nourrir cette vie, où que nous soyons…
C’est la notre, dans la société néo-libérale où nous vivons et qui a besoin de la guerre de tous contre tous – et donc qui érige le précariat en système – pour se survivre à elle-même. Dans un premier temps, il convient d’analyser toutes les formes subtiles autant que perverses qui instituent, jusque dans l’intimité de chacun de nous, ce système qui se voudrait unique. Mais cela ouvre aussi à toute une série de questions : tous ces maquis, encore une fois dans et hors institution, où nous forgeons notre capacité de résistance et nourrissons le vivant.
Mais la précarité, parce que nous sommes chercheurs, artistes, formateurs, intervenants sociaux, militants (et nous en oublions), c’est aussi une réalité que nous tentons d’élaborer, que nous mettons en mots pour – là encore – faire œuvre de résistance. Et là, nous avons des « problèmes » d’artisans (d’art-disants). Quels outils utilisons-nous ? Quel est le temps de cuisson pour telle cuisson alchimique ? Etc.
De même, en fonction de nos statuts, nous pouvons être amenés à chercher un cadre et les sous qui vont avec pour mener nos interventions, nos recherches, nos créations… et éventuellement à aller à la pêche aux contrats en tentant de préserver notre intégrité dans la négociation avec les institutions commanditaires. Ces espaces sont en même temps source d’attache et de revenu, ainsi que de précarités qui ouvre de nouvelles lignes de résistance.
Nous sommes donc face à 4 niveaux de questionnements et donc 4 pistes différentes, quoique liées, à explorer.

Programme temporaire
  • 9h-9h30 : accueil
  • 9h30-11h : intervention de Patrick Cingolani sur la précarité (titre plus précis)
  • 11h-12h : temps d’échange
  • 12h-14h : Table commune. Pique-nique en commun dans la salle. Nous partageons plats et boissons (pensez à apporter vos couverts afin d’éviter de gaspiller du plastique). Pendant le temps du repas un espace biblio, ouvrages, articles, documents est mis en place, pensez à amener vos œuvres à diffuser !
  • 14h-16h : travail en petits groupes à partir de la technique du « photo langage ». Pour la restitution, nous pouvons sélectionner une à 2 affirmations par groupe et les traiter en « débat mouvant. »
  • 16h-17h : retour collectif sur le travail en petits groupes à partir du photo-langage
  • 17h-18h : Présentation par Claire Aubert de son travail sur le « geste du lecteur ».

En espérant vous retrouver bientôt.
Bien à vous.

Claude Spenlehauer, Marie-Thérèse Savigny, Martine Bodineau, Thierry Deshayes, Thomas Arnera, Louis Staritzky, Pascal Nicolas-Le Strat, Sébastien Joffres

les Fabriques de sociologie